Le blues de l’Entrepreneur, chapitre je-ne-sais-plus-combien + Abi Osika

J’aime bien les différences de points de vue qu’il y a lorsque je discute avec des gens (amis, famille) qui ont des “regular jobs“. “Oh j’aimerais pouvoir être mon propre patron“, “Tu as de la chance de pouvoir aller au bureau quand tu veux” et autres. Effectivement, je ne reçois pas d’ordres (mais je ne fais pas ce que je fais pour en donner à d’autres, ce n’est pas une fin en soi). Mais ça, c’est la 1ère couche. En général, je rétorque qu’on ne peut pas avoir la sécurité et la stabilité de l’emploi d’une part, et le confort de travailler comme on veut, de l’autre. Je suis sûre que vous pouvez me trouver des contre-exemples mais ça reste quand même rare. Assumons donc nos choix. Etre employé(e) et se contenter de faire ce qu’on nous demande et partir à 18h tapantes… ou être son propre employeur, partir après tout le monde, ne pas vraiment avoir de tranquillité d’esprit et se battre en permanence (contre des mastodontes ou des moulins à vent, selon la situation). Finalement, c’est ça. A quel point est-on prêt d’assumer d’être à découvert, au propre comme au figuré ? A quel point peut-on supporter de vivre le bon (à fond) comme le mauvais (à fond également) ? Ce serait trop facile si l’on avait le droit de parader lorsque tout se passe bien, et quand ce n’est pas le cas, on refilerait le bébé à quelqu’un d’autre, le temps “que les ténèbres s’éclaircissent” (clin d’oeil au noir chauve le plus célèbre de Sevran).

Tout à l’heure, je parlais de moulin à vent. Il y en a un contre qui j’ai la dent assez dure: la France. Ou plutôt, son apparente aversion pour la création d’entreprise. Je crois que je l’ai déjà dit ici mais je suis persuadée que j’aurais été à un autre stade, un tout autre stade de ma carrière si j’étais…disons… ailleurs. Bien évidemment, on va me répondre que le plat du voisin a toujours l’air plus appétissant.. ou encore, me demander ce que je fais là. Se plaindre depuis autant de temps ne change pas grand chose dans les faits. Hé bien, je suis toujours ici, oui. Je ne pense pas avoir stagné, ça témoigne (je l’espère) d’une certaine ténacité malgré tout, même si l’appel du lointain a toujours résonné quelque part dans ma tête. C’est le meilleur moment de ma vie pour le faire, je n’ai ni mari, ni enfant, ni attache particulière. J’ai encore une soif incroyable d’apprendre, de m’essayer à une rangée diverse de choses. Je suis capable de partir dans 4 pays et me réinventer 4 fois sans trop de problèmes…. Mais je suis encore là. En fait, en vérité, j’ai encore une attache particulière à la France et paradoxalement, c’est celle-là même qui me pousse à regarder mes valises vides ou à me retrouver je-ne-sais-comment sur des forums d’expatriés à lire leurs recommandations “avant le grand voyage”.

Et puis… il y a les amis, toujours plus nombreux à partir. Les soirées d’adieux, les “on se reverra là-bas”, “on t’attend quand tu viendras en vacances”.. Bien sûr, ce n’est pas facile de partir (ou pour certains, REpartir), ça a son lot de galères. En fait, dans un cas (qu’on reste) comme dans l’autre (qu’on parte), on doit juste faire le choix du type d’ennuis auxquels on veut avoir à faire face. Et dans mon cas, je crois que ma patience a été largement usée. J’ai fait passer mon bien-être après mon travail à tout point de vue, je ne regrette pas (il faut bien sacrifier quelque chose), mais l’érosion en est à un tel niveau aujourd’hui que colmater les brèches semble bien dérisoire. Pardon si la “femme forte” que je semble parfois représenter a ses mauvais jours… Oh et puis non même d’ailleurs, pas “pardon”. Je n’ai pas à m’en excuser.

J’ai donc mal à la France. Pour sa capacité à vous donner l’impression d’être PUNIE d’oser entreprendre. Sa capacité à vous mettre du plomb dans l’aile quand vous décollez. Sa mentalité qui se résume à encourager ce qui a marché ailleurs et pointer du doigt ce qui n’a jamais été fait ici. Son administration… Oh Seigneur, sa p*tain d’administration. Son double-langage, typiquement français. Et tout un tas de choses.

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Chocolate, StyleMania et la presse mode/lifestyle en Afrique..

Amorce: je vais (encore) parler boulot !

A chaque fois que j’ai l’occasion de voyager, je vais toujours faire un arrêt aux kiosques à journaux, rayons Femmes/Lifestyle/People, afin de voir un peu ce qui se fait dans ces domaines respectifs selon le pays où je suis. Une déformation pro parmi d’autres, bref. En attendant mon vol-retour de Douala, je suis allée faire une espèce de benchmarking dans le seul kiosque de tout l’aéroport. Et ma foi, je ne vais pas m’étaler. Charte graphique, contenu, ligne éditoriale (quand il y en a une)… c’est, comment dire… très “compliqué”. Paraît que les camerounais(e)s ne lisent pas. Est-ce que ça explique totalement un tel (bas) niveau ? J’veux dire, nos chers amis ivoiriens ou sénégalais, peuvent se vanter de commencer à avoir une presse lifestyle variée aux “normes”, donc l’excuse sur le manque d’éducation du lectorat ne tient pas la route.

Le magazine People & Lifestyle “LIFE” (Côte d’Ivoire)

Surtout que développer ces titres, c’est par définition s’adresser à un public urbanisé et consommateur (donc forcément éduqué).

Si j’observe précisément ce qui se passe au niveau de la presse mode & lifestyle en Afrique, ce n’est pas d’ailleurs pour uniquement faire de la simple “veille”. J’aimerais vraiment que nous (Fashiz) commencions à faire de la production éditoriale en Afrique. Jusque maintenant, la plupart de nos shoots sont faits à Paris, Londres ou NYC. J’en suis satisfaite et la machine est déjà bien rodée à ce niveau, mais pour 2014, ça me tient vraiment à coeur d’avoir des éditos réalisés dans des décors africains. Ca va vraiment apporter quelque chose de plus fort, peut-être moins mode et plus “profond” (if you get what i’m trying to say). Tous les shoots que l’on a pu faire en Afrique ont été faits en Afrique du Sud, principalement parce qu’ils sont déjà habitués à ce type de productions aux standards internationaux. Mais maintenant que je veux m’aventurer dans d’autres pays, je me retrouve confrontée à des problèmes, parfois très basiques d’ailleurs… comme simplement savoir comment se procurer les vêtements, trouver un bon studio ou un photographe qui sache retoucher sans transformer le mannequin en poupée de cire sur papier glacé. Du coup, je discute avec pas mal de gens (journalistes mode, stylistes, mannequins..) dans divers pays d’Afrique pour savoir comment ça se passe. C’est pour le moins instructif, surtout sur les écarts qu’il y a d’un pays à un autre en matière de qualité de production.

Après avoir fait un peu le tour, j’ai constaté qu’il n’y a finalement que deux magazines autochtones sur le continent africain qui se distinguent du reste. Je précise “autochtone” pour préciser que je ne prends pas en compte les déclinaisons africaines de magazines occidentaux comme les Marie Claire/Grazia/ELLE sud-africains par exemple…

Le 1er, c’est CHOCOLATE Magazine, le plus qualitatif des magazines féminins d’Angola.

Attention à ne pas confondre avec le défunt CHOCOLATE français, qui était, à quelques égards, un ancêtre un peu éloigné de FASHIZBLACK.

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Coup de coeur pour COKE STUDIO AFRICA !

Hi la familia !

J’espère que vous allez bien ! Je voulais partager un de mes nombreux coups de coeur ces derniers temps… Je pense l’avoir évoqué dans un précédent post, mais je le redis: le marketing des multinationales présentes en Afrique devient de plus en plus important en matière de budget et pour cause ! Avec l’arrivée d’autres sociétés étrangères (plusieurs chaînes de fast-food américaines telles que Buffalo Wings ont envoyé des représentants faire une tournée en Afrique pour étudier le terrain la semaine dernière), et les marques locales qui prennent du poids, avoir une bonne stratégie de comm’ devient un enjeu. Il ne suffit plus de faire une campagne de pub outdoor “basique“, il faut commencer à mieux travailler sur les valeurs “corporate“, parler un peu moins de prix et viser plus l’affect, diversifier les canaux de communication… bref, se réinventer. Dans ce domaine, Coca Cola, qui est présent en Afrique depuis de nombreuses années déjà, a toujours su prendre les devants. Ce qu’il faut déjà préciser, c’est que l’enseigne a toujours accordé une certaine importance à “africaniser” ses publicités au lieu de prendre ses publicités occidentales pour le marché africain. Coca sponsorise également beaucoup les événements culturels, et tout ce qui a  trait à la jeunesse, son principal coeur de cible sur le continent. Mais leur campagne “1 milliard de raisons de croire en l’Afrique” n’a apparemment pas forcément porté ses fruits. C’est donc sans surprise finalement, qu’ils ont lancé la version africaine de “Coke Studio” il y a quelques semaines.

Qu’est-ce que Coke Studio ? Il s’agit d’une série de performances live d’artistes, enregistrées et sponsorisées par Coca Cola. Les Coke Studio sont particulièrement présents dans les marchés émergents (Moyen-Orient, Pakistan, Inde), et rentrent dans le cadre d’une opération de marketing plus globale.

Je n’ai pas regardé les autres Coke Studio, mais la version africaine m’a séduite pour plusieurs raisons, dont les principales qui sont:

- les rencontres inattendues: que ce soit un duo entre rappeurs nigerians et sud-africains ou entre une popstar tanzanienne et une des plus grandes voix du Mali, le temps d’une chanson, deux pays voire deux cultures africaines se rencontrent. Et je suis sûre que ça va donner naissance à plus de collaborations artistiques, même en dehors de l’émission.

- faire découvrir de nouveaux talents: en marge des prestations scéniques, il y a des interviews des artistes avec un récapitulatif de leurs carrières. Je trouve que c’est une très bonne (et très courte) manière d’encourager la curiosité du public africain à découvrir ce qui se passe chez les voisins.

- les émissions sont télévisées mais très rapidement mises en ligne, ce qui bien sûr, élargit la cible.

- et enfin, mais ça va de soi, la qualité du son des prestations. Mais quand on a le budget de Coca, cela n’est pas censé être un problème.

A part le malien Salif Keita, le congolais Kassongo et mon adoré Boddhi Satva (République Centrafricaine), je n’ai pas vu d’artistes francophones dans la programmation pour le moment. J’ose espérer que “nos” artistes sauront se rapprocher des équipes de l’émission pour eux aussi, participer à l’aventure Coke Studio Africa.

Page Facebook: Coke Studio Africa

Chaîne Youtube

Mes 12 looks favoris à la finale du concours ELITE MODEL Nigeria.

(à gauche: Elohor Aisen, à la tête de l’agence de mannequins #1 du Nigeria, dans une robe Osman et des chaussures Alexander Wang.

A droite, la fondatrice de la chaîne d’entertainment africaine EbonyLife TV, Mo Abudu, dans une robe issue de la collection Croisière 2013 de Givenchy).

Je ne sais pas vous, mais il fût une époque où j’adorais grignoter en parcourant les blogs (et surtout les commentaires !) des blogs de gossips afro-américains. Bah oui quoi, y-a-t’il mieux pour se détendre que de descendre son Sorbet à la mangue en lisant des échanges survoltés au sujet d’une guerre entre deux chanteuses R&B ? Bon, hé bien, ça, c’était avant. Ou disons que la géographie a changé, mais le principe reste le même. Parce que croyez-moi, côté star-système africain (et dans ce cas précis, nigérian), c’est tout aussi croustillant voire plus !

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