Pour ou Contre Lupita Nyong’o ? On s’en fout….

C’est un phénomène vieux comme le monde… A force de rabâcher la même chose pour que le public l’aime, on finit par provoquer l’effet inverse. Cela devait arriver avec Lupita Nyong’o.

Pas un jour ne passe sans que des gens ne se plaignent sur les réseaux sociaux de sa sur-médiatisation, de sa laideur, du fait qu’elle ne serait rien d’autre qu’une starlette qu’on aura oublié dans six mois. C’est assez drôle d’ailleurs, on compare l’effet Lupita à l’effet Gabourey Sidibé (avant la sortie de “Precious“). Oui, c’est vrai, Hollywood aime parfois se lover dans ses propres contradictions.. Imposer des canons de beauté stricts et de l’autre côté, célébrer (temporairement) tout leur contraire… pour se donner bonne conscience.

Je crois que ce que les gens tendent à oublier, c’est que le fait qu’on puisse la trouve belle ou non n’est plus le sujet..

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A voir: “The Tanning of America” par Steve Stoute.

Je viens de terminer le documentaire en 4 parties “The tanning of America“, une adaptation télévisée du best-seller éponyme, écrit par l’une des personnalités les plus influentes en matière de marketing culturel: Steve Stoute.

Il y a énormément de choses à dire sur le documentaire.. On peut commencer par rappeler les bases: personne ne fait dans le storytelling comme le font les américains, ça en est presqu’énervant qu’ils soient aussi bons. Ensuite, aborder l’influence de la culture Hip Hop sur les questions sociales et raciales aux Etats-Unis était un pari risqué..et certains raccourcis sont apparus ici et là, mais dans l’ensemble, le documentaire a souligné l’essentiel: comment on part d’une sous-culture née d’une frustration à un business complètement absorbé par le monde corporate.

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Tapis rouge des Césars 2014: de l’ennui à revendre.

de gauche à droite: Daphné Roulier, Sophie Guillemin, Audrey Fleurot sur le tapis rouge des Césars 2014

Je suppose que vous avez déjà tous fait le même constat que moi mais la France a beau avoir les plus grandes maisons de couture, les personnalités françaises sont souvent les plus mal habillées. Quand elles font un petit semblant d’effort, on surnomme ça le “chic français“, et les médias anglo-saxons de ne pas lésiner sur le cliché de la parisienne qui aurait ce “je-ne-sais-quoi” de chic avec ses cheveux décoiffés, son make-up absent et cette élégance (prétendument) innée. Je l’ai déjà dit, je trouve cette vision de la parisienne surfabriquée, notamment par les services marketing des grandes maisons frenchy, mais passons.

de gauche à droite: Géraldine Pailhas et Marine Vacth, Nora Arnezeder et Déborah François

Ca fait 3 éditions des Césars que je regarde et je constate que ça empire d’année en année. Première question: POURQUOI aucun média mode ne couvre le tapis rouge ? Où sont ELLE, Grazia, Glamour, Marie Claire pour interviewer les actrices sur ce qu’elles portent ?

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Printemps 2014 РLe minimalisme selon R̩ Bahia.

 

Cela fait un moment que je n’avais pas eu un tel coup de coeur pour une collection comme cela a été le cas pour “Minimal Dreams” par la marque nigériane Ré Bahia.

Plus je regarde les looks, plus je me projette dans les vêtements. C’est portable, c’est même un peu l’essence de la collection mais au delà de ça, il y a un véritable travail d’épuration des silhouettes qui est à saluer, surtout quand on connaît les précédentes collections de la marque. En grande prêtresse du minimalisme que je suis, j’ai eu un pincement de coeur en me disant qu’il était triste que les acheteurs du Bon Marché ne voient pas ces pièces, qui se vendraient comme des petits pains. L’éternel problème de l’accessibilité aux marques africaines semble se résoudre péniblement avec le temps. Il y a toujours plus d’E-stores africains, mais ils n’arrêtent pas de répéter les mêmes erreurs: lancement sans stock, sans communication, problèmes intempestifs de réassorts, absence de plan marketing hors de leur propre communauté, business model à très court terme.. et je pourrais continuer longtemps, bref.

Ré Bahia, donc. Superbe collection qui sent le succès commercial à plein nez (en tout cas, je serais acheteuse pour un magasin, j’aurais commandé une dizaine de pièces). C’est efficace, léger, bien dosé, indémodable (aKa portable à l’été 2015), adapté aussi bien à la riche héritière de Lagos qu’à la jeune cadre new yorkaise. Alors bien sûr, on pourrait se demander ce qu’il y a d’africain dans cette collection. J’ai envie de dire qu’en 2014, après la tendance du “Wax par tous et pour tous”, il est bien vu de réfléchir à l’après. La notion de “mode africaine” ne signifie pas devoir systématiquement rappeler ses origines, sinon on tombe dans le folklorique (et je déteste ça, le folklorique nunuche pour jouer sur les sentiments ou le chauvinisme bête et méchant). La créatrice derrière Ré Bahia a vécu à l’étranger, a eu le temps d’explorer son identité à la fois anglaise et nigériane dans ses précédentes collections. “Minimal Dreams” n’est certes pas révolutionnaire dans sa proposition, mais à une époque où les acheteuses tendent de plus en plus à privilégier le confort comme critère d’achat, je trouve la collection pertinente et en phase avec son temps (ou du moins, la clientèle ciblée). Prétendre s’aligner sur les mêmes codes que les marques internationales n’est donc pas un défaut. Cela a bien réussi à d’autres marques nigérianes qui aujourd’hui, sont pratiquement les seules à porter le “Made in/by Africa” à des sommets où l’on croise très peu de designers noirs, et encore moins africains.
Ré Bahia est sur Instagram.

Made in Niamey.

Comme je le dis souvent, les voyages-presse, ça ressemble parfois à une colonie de vacances pour journalistes. A ceci près que ça ne se passe pas toujours comme on l’imagine.

Il y a 2 semaines à peu près, je suis partie tôt le matin de chez moi pour l’aéroport de Roissy, direction Niamey la capitale du Niger. Une fois à l’aéroport, j’embarque, en compagnie d’autres personnes des médias, de la mode et du showbiz. A peine le temps de sympathiser avec mon voisin - un bijoutier nigérien - que l’on décolle. Je commence à m’endormir, pensant rouvrir les yeux à l’atterrissage, et pourtant…

Alors que nous survolons les environs de Toulouse et nous approchons de la Mediterrannée, le pilote nous annonce avoir repéré un problème dans le train d’atterrissage de l’appareil et la panne serait si importante qu’il faille retourner à Roissy-Charles de Gaulle…. Super, bonjour la psychose silencieuse des passagers.

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