MayBach Music: les 12 artistes qui ont rythmé mon année 2012.

Je ne sais pas vous, mais j’adore les tops de fin d’année. Ils ont un côté un peu kitsch, mais tellement pratique. Surtout lorsque l’on a une mémoire (involontairement) sélective comme la mienne. Alors, comment a été 2012 ? Une année mi-figue, mi-raisin. Je suis incapable de dire qu’elle était pire que la précédente, sachant que je ne garde que quelques souvenirs bien précis de 2011. Mais dans l’ensemble, pour ne parler que de mon cas, le mot-clé serait “Instructif”. J’ai littéralement la sensation d’avoir fait une année de cours de mise à niveau sur pas mal de choses, notamment (vous l’aurez deviné) sur l’Afrique. Bien sûr, le côté agréable de la chose est que j’ai fait ma rééducation par et pour moi-même. Je me suis également remise à la lecture de livres, ce qui ne m’était plus arrivée depuis 2 ou 3 ans. Globalement, j’ai amassé une quantité incroyable d’informations en un an, plus que je ne l’ai fait pendant certaines années scolaires. Et cela, pour des raisons professionnelles au départ, mais également pour le plaisir. Tout comme l’argent appelle l’argent, le savoir appelle le savoir. Chaque découverte est une passerelle vers une autre découverte, et ainsi de suite. 

Je ne pourrais pas en un seul post partager tout ce qui m’a émerveillée, mais je me suis dit que ce serait sympa de pouvoir regrouper quelques éléments qui ont fait mon année. Un peu comme des traces de Petit Poucet, je pourrais revenir voir de temps en temps à quoi ressemblait mon 2012 quand je ne m’en souviendrais plus. Pour commencer, on va parler musique.

Dans ce post datant d’exactement un an, je disais que cette année, j’allais approfondir ma connaissance de la Bossa Nova entre autres. Et je l’ai un peu fait ( à l’heure où j’écris ce post, j’écoute ceci ). Mais si je me fie à mon iTunes, mon année musicale a surtout été marquée par l’AfroHouse+ Kuduro (Angola), l’Afrobeats+ Naija Pop(Nigeria), une bonne dose d’Highlife+Azonto (Ghana). Petit tour des artistes/albums.

*Ismaël Sankara (Burkina Faso/USA): On peut commencer par dire qu’il porte un nom loin d’être anodin. Mais n’attendez pas de lui qu’il rappe au sujet de l’héroïsme de Thomas Sankara, sur les problèmes sociaux du Burkina Faso ou les dégâts de la colonisation. “Ish“, comme on le surnomme n’est pas un artiste engagé, et il n’a pas nécessairement à l’être d’ailleurs. Il a quitté l’Afrique avant l’âge de 5 ans, et il réside à Miami. Un américain en somme… qui lors d’un séjour à Libreville, va rencontrer deux producteurs Hip Hop gabonais, avec qui il va enregistrer un projet “T.R.O.M. Life” (The Rythm Of My Life). S’en suit un documentaire autour de cette collaboration à la fois panafricaine et Africano-américaine qui va remporter des prix dans quelques festivals de films internationaux. Il se trouve que je connais un des deux producteurs, @Hokube, qui était dans la même école de commerce que moi. Et je tiens à nouveau à le féliciter (ainsi que son acolyte bien sûr) pour le travail exécuté sur ce projet. Le sample sur “Real Africans“, l’outro sur “The Finest“, les violons sur “Now that i’m here“.. j’ai tout simplement a-do-ré. Quant à Ismaël Sankara, j’espère qu’il va continuer les collaborations de ce genre. Il a un flow très typé U.S., mais je trouve qu’il sait l’adapter à un contexte qui ne l’est pas.

*Jovi (Cameroun): j’ai déjà dit en long, large et travers ce que je pensais de Jovi dans cet article, nul besoin de se répéter.

*Baloji (RDC/Belgique): “Kinshasa Succursale” n’est pas sorti en 2012, mais je l’ai découvert cette année. Une véritable gifle, tant le mix entre rap mélancolique, lingala, rumba congolaise et diction à la Brel fonctionne. Je mentirais si je disais que je comprenais toujours toutes les phases du rappeur (même quand il rappe en français), mais cela fait le charme de l’artiste je présume. Très gros coup de coeur pour “Tshena Ndekela“.

*ELLE Varner (USA): un des rares albums de R&B que j’ai écouté plus d’une fois cette année. La voix est rauque et un peu épicée quand elle monte dans les aigus, les textes sont parfois pleins d’auto-dérision. Quant aux thèmes, ils ne sont pas nouveaux (l’amour, pour changer) mais la manière d’en parler et de les chanter ont une certaine fraîcheur. Preuve en est que j’écoute l’album sans sauter de chansons, tant il est consistant. Je rajoute qu’il a vraiment été bien mastérisé, c’est un détail qui ne gâche rien.

*PowerBoyz (Angola): Jeunes, bons danseurs, des clips cool et une bonne équipe derrière: ils font certainement partie de mes chouchous venus d’Angola cette année, (avec la transexuelle Titica). Ils ont pas mal assuré ma bonne humeur en 2012.

*DJ Buruntuma (Guinée-Bissau): J’ai explosé mon disque dur cette année, tellement j’ai téléchargé de mix (allant jusqu’à 3h non-stop pour certains) de DJ de différents pays. Buruntuma est certainement un de ceux que j’ai le plus écouté et pour cause: ses sélections Afro-House sont de vrais petits bijoux.

*E.L. (Ghana): Je dois être franche, je trouve le jeune homme pas mal (physiquement j’entends) mais en dehors de ça, son double-album “Something ELse” est EXTRA. Faut savoir qu’E.L., avant d’être un rappeur, est ingé’ son et producteur (même profil que Jovi). Et il est sûrement LE producteur le plus demandé du moment, vu qu’il est derrière une grande partie des tubes Azonto qui ont fait danser des millions de gens en Afrique ou ailleurs. Je craignais, en commençant l’écoute de son album, de n’avoir affaire qu’à une succession de beats du même acabit avec du “It’s crazy Chaleeee” (son ad-lib) à toutes les sauces… mais non. Il fait vraiment preuve de versatilité, voire d’une certaine sensibilité sur certains titres. Ce qui est plutôt surprenant vu qu’il dégage une image (et une réputation) d’un mec un brin hautain et imbu de sa personne. Comme quoi.

*Davido (Nigeria): L’an dernier, j’ai saoûlé tout le monde avec WizKid. Cette année, rebelote mais avec son rival le plus direct, David Adeleke aKa Davido. Pour résumer, disons que ce dernier est le fils à papa d’un multi-millionaire nigérian qui se la coulait douce entre les Etats-Unis et le Nigéria.. Puis, il s’est mis à faire de la musique avec ses cousins. Ses titres “Back when“, mais surtout “Dami Duro” ont tellement cartonné qu’il a finalement décidé de faire de la musique à temps plein désormais (bon, c’est un peu plus complexe que ça mais en gros voilà l’histoire). Il a sorti son album cette année, “Omo Baba Olowo: the Genesis“, et pas mal de clips. Ne vous attendez pas à une voix tonitruante. Tout comme WizKid, il est surtout un entertainer avec une gueule d’ange qui fait craquer les midinettes (ou les plus vieilles lol), qui enchaîne les collaborations avec les artistes du moment..et disons-le, qui sait poser sur les bonnes instrus qui feront danser tout le monde. Du fait qu’il soit très décomplexé dans le fait d’assumer qu’il vient d’une famille fortunée, Davido a été au centre de pas mal de polémiques cette année (dont une dernière, où il a été piégé par une groupie)… et tout ce tourbillon médiatique génère toujours plus de presse pour lui. Il lance sa marque de vêtements l’an prochain, c’est dire si le jeune homme a de la suite dans les idées. Pour finir sur une note musicale le concernant, son dernier titre “Feel Alright” est sûrement un de mes préférés de son album. Il fait plus mâture, et encore plus dans le clip où (pour une fois) je l’ai trouvé mignon sans avoir l’impression d’être une cougar.

*Maybach Music Group (USA): Pas de grosse surprise, MMG est sûrement l’écurie Hip Hop US que j’ai écouté le plus cette année. Des mixtapes de Meek Mill à celles du label (SelfMade 2) en passant par celles de Ricky Rozay, j’ai comme d’habitude, savouré les instrus (les lyrics me lassent un brin). Pour ce qui est de l’album de Ross, “God forgives, i don’t” n’est pas un chef-d’oeuvre, mais j’ai eu ce que je voulais, notamment avec “Amsterdam” (sûrement le titre que j’ai le plus écouté cette année), “Ten Jesus Pieces” et bien sûr….. “ Maybach Music IV (les producteurs JUSTICE LEAGUE sont juste d’un niveau trop HAUT, ce n’est même plus drôle). Hors de cet album, “Power Circle” est également un des meilleurs morceaux sortis de chez Maybach Music Group ces dernières années. Mauvaise note toutefois concernant Teedra Moses, qui n’est parfois même pas créditée sur certains morceaux alors qu’elle chante dessus (surtout qu’elle est signée chez MMG depuis un petit moment déjà et mérite autant voire plus d’exposition qu’Omarion qui a intégré le label cette année).

*Kendrick Lamar (USA): J’ai pour habitude de ne pas (toujours) écouter un album au moment où il sort. Je crains de me faire “parasiter” mon objectivité, en lisant les commentaires des uns et des autres pendant leurs écoutes respectives. Ce n’est donc que ce mois que j’ai finalement écouté “Good Kid, Maad City” de Kendrick Lamar. J’ai eu raison d’attendre que toute la hype (justifiée) autour de l’artiste se dissipe un peu, mais quand même: QUEL ALBUM ! Les prods sont largement meilleures que ce à quoi je m’attendais (j’ai toujours de gros a priori quant aux rappeurs de Los Angeles), et surtout j’ai adoré la construction de l’album. De la première à la dernière chanson, on a l’impression que Kendrick nous prend par la main et nous entraîne dans son vécu, son quotidien, son quartier… il y a presqu’une ambiance cinématographique dans la manière dont les sons s’enchaînent. J’ai d’ailleurs trouvé que l’album ferait une très belle Bande Originale. “Sing about me“, “Swimming Pool” et surtout “B*tch don’t kill my vibe” sont dans mes favoris, bien que pour la dernière, j’aurais préféré entendre la version finalisée avec Lady GAGA en collaboration dessus comme c’était prévu au départ. Juste par curiosité. Quelqu’un me parlait de Kendrick en termes très élogieux il y a un an et demi déjà, et à l’époque, j’avais fait la sourde oreille car j’avais un peu de mal avec sa voix. Je serai plus “ouverte à discussion” la prochaine fois lol.

*Elijah Blake (USA): Je l’ai découvert -sans y faire plus attention- sur “Presidential” de Rick Ross, mais je me souviens m’être demandée qui était cette voix haut-perchée. Confirmation du talent indéniable du jeune homme (et auteur de pas mal de hits pour d’autres artistes) sur son projet “Bijoux 22″, téléchargeable gratuitement ICI. Autant je n’accroche pas sur Miguel ni Frank Ocean, autant Elijah est vraiment une de ces “nouvelles voix” du R&B masculin que je vais suivre de près.

*Blitz The Ambassador (Ghana/USA): Last but not least, l’album “Native Sun” a beau être sorti en 2011, il est THE album de l’année pour moi. Que vous dire…. le début, tiens. Je l’ai découvert via le court-métrage qu’il a réalisé pour l’album, que vous pouvez voir plus bas.


Et preuve que c’est une très bonne tactique commerciale, en regardant, je me demandais où est-ce que je pouvais me procurer la musique de fond (je ne savais pas encore que le film était une promo d’album). Une fois que j’ai enclenché l’écoute de l’album, je n’ai pas arrêté. Sa manière d’ouvrir et de fermer l’opus est semblable à celle de K. Lamar. Comme je l’ai dit plus haut pour ce dernier, Blitz nous prend la main et nous amène au Ghana, SON Ghana. L’album transpire un amour amer, mais viscéral pour sa terre d’origine.. ce qui a trouvé forcément trouvé écho chez moi vu que je ressens à peu près la même chose pour le Cameroun. Parlant de Cameroun d’ailleurs, il fait un duo avec les soeurs Nubians sur “Dear Africa” qui m’a beaucoup ému la première fois que je l’ai écouté. Un autre duo mémorable sur l’album, est “Wahala” avec Keziah Jones, Bnégao et Baloji (tiens, encore lui lol). Entendre un ghanéen, un congolais, un nigérian et un brésilien sur le même titre, je ne pouvais qu’apprécier pour sûr. J’ai écouté “Akwaaba” un nombre incalculable de fois en essayant de m’imaginer les pieds dans les sables de Labadi Beach, avec le soleil qui tape fort. Seul minuscule regret: que le titre “Instrumentalude” ne soit pas plus long. Vous me direz, c’est le principe même d’une interlude sur un album. Je vais donc devoir bidouiller le morceau sur GarageBand pour qu’il fasse quelques minutes de plus.

Et enfin, pour terminer, j’ai – pour une raison qui m’échappe encore – fait une fixation sur “ILLMATIC” de Nas (1994) cette année. J’ai eu un besoin inexpliqué de me replonger là-dedans, peut-être parce que “Life is Good“, son album sorti cet été, ne m’a pas transportée plus que ça. Ceci dit, je ne dis pas que l’album était mauvais, il était même bon voire très bon.

Si vous notez une différence entre l’introduction de mon article et la liste en question, c’est normal. Je n’ai pas listé mes écoutes “Vintage” (Tabu Ley Rochereau, Ernesto Djédjé, Ousmane Kouyaté, E.T. Mensah, 3RD Generation Band et surtout Eddie Donkor…). Je n’ai pas non plus listé les artistes nigérians et ghanéens (enfin, pas tous) sinon on y serait encore. Sinon pour l’année prochaine, je pense que la Bossa Nova va (encore) passer son tour. Je me tâte sur une plongée dans le Kwaito sud-africain, avec lequel j’ai encore quelques difficultés pour l’instant.. ou continuer de flirter légèrement avec le funk somali/éthiopien. Je vais sûrement continuer d’explorer la scène urbaine afro-lusophone même si le fait de ne pas parler portugais me freine énormément dans mes recherches. Vous pouvez d’ailleurs télécharger le mix “Luanda on my mind” de BBrave, qui contient une partie des sons lusophones que j’ai beaucoup écouté cette année, en cliquant ici.

Talk to y’all later !

5 commentaires

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  3. Piracetam

    On s’évade avec « Foutain of youth » avec le piano qui intervient sur la voix de Nipsey Hussle et qui ne s’arrête plus jusqu’à la fin, sans parler de la voix angélique qui se pose sur la prod comme un voile de douceur (je pars pas en couille, je traduis ce que je ressens par des mots). On prend le large avec des titres comme « Power Circle » de Gunplay, Stalley, Wale & Meek Mill ft. Rick Ross & Kendrick Lamar, titre qui représente d’ailleurs très bien les ambiances MMG. On se brise la nuque sur des titres comme « Black on black » de Gunplay ft. Ace Hood & Bun B (qui a eu le droit à son morceau et ses invités sur l’album) ou sur « Actin Up » et « Black Magic » (qui reste quand même la dinguerie de l’album).

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